Jean ODOUTAN, réalisateur Né en 1965 au Bénin, il vit en région parisienne depuis 1980.
Bénéficiaire de l'avance sur recettes, BARBECUE - PEJO, son premier long-métrage, est sélectionné par les festivals de Namur (Belgique), Amiens, Belfort, Mar del Plata (Argentine), Noir Tout Couleurs (Guadeloupe), Toronto, Vues d'Afrique (Québec), African Film Festival (New York), New Delhi (Inde), Khouribga (Maroc), Ecrans Noirs (Cameroun, Centrafrique), Festival Milano Africano (Italie)…
BARBECUE - PEJO est sorti en France le 26 janvier 2000 dans trois salles parisienne et en province. Remarqué par la critique, son exploitation à Paris se prolonge 14 semaines. Il est depuis sorti dans différents pays Africains où son succès est considérable. DJIB est le deuxième long métrage de Jean ODOUTAN. Il est appelé à un succès étonnant, voire détonnant. Jean ODOUTAN a mis en boîte cet été à Paris son troisième long métrage, MAMA ALOKO, et a directement enchaîné sur le suivant, LA VALSE DES GROS DERRIERES. Dans quelques mois, il tournera au Bénin les deux films suivants : LA PORTE DU NON-RETOUR et un road movie au titre encore secret. Pour en savoir plus sur Jean ODOUTAN : Cliquez ici |
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| Entretien
C'est presque un euphémisme que de dire que ceci n'a pas été sans galère. Le marigot on connaît, on sait y patauger. Mais on a été pris à la gorge, la boue jusqu'au cou. DJIB est au départ un court-métrage, enfin une maquette, que je devais réaliser avant BARBECUE - PEJO afin de déclencher des financements, notamment ceux de feu Ministère de la Coopération et de la Francophonie. Mais comme BARBECUE - PEJO a vu entre temps le jour, j'ai reporté le tournage… Et puis un jour l'un des bailleurs de fonds m'a demandé quand je leur filais la cassette du film. Je me suis jeté à la mare. Ayant compris que l'énergie déployée sur un court est la même que sur un long, enfin en ce qui me concerne, j'ai noirci du papelard pendant deux bonnes semaines, à raison de 12 heures quotidiennes pour pondre ce petit bijou de DJIB. Mais comme entre temps j'avais dépensé pratiquement les finances de DJIB sur BARBECUE - PEJO, je me suis retrouvé à faire le film avec en tout et pour tout quelques CFA en caisse. Heureusement que CANAL + est venu me prêter main forte pour achever la postproduction. Du coup, j'ai respecté mes promesses vis-à-vis des comédiens, des techniciens et des prestataires… D'ailleurs je profite de l'occasion pour remercier tous les prestataires de service qui nous ont filé un grand coup de pouce : Fuji, Elison, Citélab, Alga, Transpalux, les Audis de Joinville, la ville d'Asnières, et encore quelques autres. Parlez-nous des comédiens ? De
vrais lascars. Ils rouillent à longueur de journée place Jean-Jacques
Rousseau à Asnières. Je leur ai vaguement parlé d'un tournage pas raqué.
Le mytho ! qu'ils m'ont hurlé à la face après m'avoir maté des pieds à
la tête… Un négro réalisateur ? !… Puis s'ensuit une crise de rire. Normal.
Ce jour-là, j'étais sapé : mon vieux Tacchini et mes vieux Adidas, braqués
aux puces de Clignancourt dans les années 80. Je revenais de mon jogging
du dimanche, la panse pendouillante… Sinon, les jeunots étaient sublimes
comme comédiens de banlieue. Ils nous ont un peu ennuyé… Comment qualifieriez-vous votre film ? Ce n'est pas un chef-d'œuvre, enfin une réussite artistique et technique en soi. C'est une petite banlieuserie pour rire un coup sur les conflits insignifiants qui opposent les communautés noires africaines, noires antillaises et maghrébines... Et si nous ne rions pas de nous-mêmes, qui va s'y frotter ? Les gars, " scénaristes de renom " n'osent pas, de peur de se faire taxer de " raciste "… Une
dernière question : J'y crèche. Monsieur ODOUTAN, Merci. Interview recueillie par un journaliste doublement inconnu au bataillon. |
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